J-16 avant le Triathlon de Deauville. Je fais le point sur 7 mois de préparation Distance Olympique : les chiffres, les doutes, et ce qu'il me reste à régler avant le 21 juin.

Dans 16 jours, je plonge dans la Manche pour mon premier triathlon Distance Olympique. Deauville, le 21 juin 2026. Objectif affiché : 45’ nage / 1h20 vélo / 55’ cap / 4’ transitions, soit environ 3h04 au total. Est-ce que je suis prêt ? Honnêtement, je ne sais pas encore. Mais voici où j’en suis.


Novembre 2025 - juin 2026 : 7 mois de préparation

J’ai commencé à préparer sérieusement Deauville en novembre 2025. Pas avec un plan structuré au millimètre, mais avec une idée claire : construire progressivement sur trois disciplines en m’entraînant seul, sans coach, en intégrant les séances dans mon quotidien.

Voici les chiffres bruts de ces 7 mois :

DisciplineSéancesVolume total
Natation38 séances49,6 km
Vélo44 séances839 km
Course à pied59 séances309 km
Muscu17 séances-

839 km de vélo, 309 km de cap, 49 km de natation. C’est mon socle pour aborder la Distance Olympique. Je ne suis pas un athlète de haut niveau : je suis un triathlète amateur qui gère sa préparation entre le boulot et la vie de famille.


Discipline par discipline : où j’en suis vraiment

Le vélo : mon point fort

Le vélo, c’est ma discipline de confort. Avec 839 km au compteur depuis novembre, dont des sorties régulières à 40+ km, je me sens solide sur les 40 km du parcours de Deauville. En mai, j’ai enchaîné deux sorties à 41 km suivies d’un 10 km de cap dans la foulée, c’est exactement ce qu’il faudra reproduire le jour J.

Depuis février, ma zone de travail sur le vélo tourne entre 150 et 160 bpm. Ce n’est pas un hasard : c’est la plage où je produis un effort soutenu sans entamer le capital pour le run qui suit. Le jour de la course, je me fixe un plafond à 160 bpm sur les 40 km. Si une côte me pousse au-dessus, je relâche. L’objectif n’est pas de tout donner sur le vélo, mais d’arriver sur le cap avec encore quelque chose dans les jambes.

Autre paramètre que je surveille à l’entraînement : la cadence de pédalage. Je travaille autour de 90-95 rotations par minute. C’est la cadence qui permet de préserver les quadriceps sur la durée : pédaler “rond” à haute cadence plutôt que d’appuyer fort sur un petit plateau. Sur les côtes normandes, maintenir cette cadence sera un vrai défi, mais c’est ce qui me permettra d’arriver sur le run plutôt frais.

Depuis avril, j’intègre une séance brick par semaine, systématiquement vélo suivi d’un run. C’est le format le plus facile à caser dans une semaine chargée, et c’est aussi le plus spécifique pour entraîner le corps à switcher d’une discipline à l’autre.

Je roule sur un vélo avec des roues carbone 50 mm. Sur les routes vallonnées du Pays d’Auge, ces roues vont me donner un vrai avantage sur les lignes droites. Les côtes, en revanche, ça sera une autre histoire, et c’est là que la discipline sur la FC sera décisive.

La course à pied : solide mais à gérer

59 séances, 309 km depuis novembre : c’est ma discipline la plus travaillée en volume. J’ai couru un trail de 12 km en février (l’In Trail Muros avec la team Hiboost), des sorties longues régulières à 8-10 km. Le 30 mai, j’ai couru 10 km après 41 km de vélo, c’est le bon signal.

La construction a été délibérément progressive. Jusqu’en mars, l’essentiel de mes séances en running se faisait en zone 2. L’idée était de poser une base solide avant d’accélérer. Depuis avril, j’intègre progressivement plus d’intensité : des fractions, des séances au seuil, quelques sorties où je pousse vraiment. La machine commence à mieux répondre.

Le jour de la course, mon objectif sur les 10 km sera de rester à 170 bpm maximum. C’est ma zone de croisière sur un effort long après le vélo. Au-dessus, je rentre dans la zone où l’acide lactique commence à se former. 55’ sur 10 km à 170 bpm, c’est cohérent avec ce que je produis à l’entraînement.

Je surveille aussi ma cadence de foulée : l’objectif est de rester au-dessus de 175 foulées par minute. Une cadence élevée réduit le temps de contact au sol, limite les impacts et protège les articulations sur la durée, c’est particulièrement important en sortie de vélo, quand les jambes sont encore en mode pédalage. À l’entraînement, j’ai travaillé cette cadence sur mes séances brick précisément pour que ce réflexe soit automatique le jour J.

Le danger, c’est la sortie de T2 : les premières minutes après le vélo, la tentation de partir trop vite est réelle. Je me fixe de regarder ma montre dès les 500 premiers mètres et de me calmer si la FC dépasse le seuil.

La natation : un vrai défi

Soyons honnêtes : la natation est et reste mon point faible. 38 séances, 49,6 km, ça peut sembler correct sur le papier, mais la progression n’a pas été linéaire. En février, j’ai eu un creux notable avec seulement 2,25 km nagés dans le mois. Depuis avril, les choses se sont améliorées : je tourne régulièrement à 1,5-2 km par séance.

La semaine dernière, j’ai nagé 1,1 km en 26 minutes. Sur 1500 m en mer avec combinaison, mon objectif de 45’ est atteignable, mais ce sera serré. La bonne nouvelle : j’ai fait ma première séance en eau libre il y a quelques jours. La sensation est très différente de la piscine : pas de repères visuels, eau plus froide, léger stress au départ. Mais j’ai tenu. C’est déjà ça.


Ma plus grande appréhension : le mur

Je l’ai déjà frôlé sur des sorties longues. Ce sentiment que les jambes se vident, que la tête décroche. Sur un triathlon Distance Olympique (environ 3 heures d’effort continu), la nutrition et l’hydratation ne sont pas une option, c’est une variable clé.

Mon plan : appliquer ma stratégie boisson isotonique + dragées de glucose sur le vélo à 60g de glucides/heure. Rien de nouveau le jour J. C’est le principe de base que j’avais négligé lors de mon premier triathlon à Dinard l’année dernière. Je ne referai pas la même erreur.


Ce que j’ai appris de mon premier triathlon (Dinard Sprint 2025)

C’était ma première course en triathlon. Format Sprint. J’ai fini, c’est l’essentiel. Mais j’ai commis les erreurs classiques : partir trop vite en natation, mauvaise gestion des transitions, pas assez bu sur le vélo. Partir beaucoup trop vite sur le running. Résultat : une FC ultra haute et clairement impossible à maintenir sur un triathlon M.

Deauville sera différent sur deux points : la distance est plus longue, donc je ne peux pas me permettre de partir en mode kamikaze. Et j’ai 7 mois de préparation spécifique derrière moi et plus de volume.

Mon objectif à Deauville n’est pas de faire un chrono de fou. C’est de finir proprement, de valider la Distance Olympique, et de poser une base de référence pour Dinard en septembre, qui sera mon vrai objectif A de la saison.


Les 16 derniers jours : ce que je fais (et ce que je ne fais pas)

Ce que je continue : quelques séances courtes pour maintenir les sensations, une dernière sortie vélo-cap pour ancrer les transitions, une ou deux séances de natation dont une en eau libre si possible.

Ce que j’arrête : les séances longues et intenses. À J-16, le travail de fond est fait. On ne construit plus : on affine et on préserve.

Ce sur quoi je me concentre : la nutrition pré-course, le sommeil, la logistique (zone de transition, matériel, sac course). Et mentalement : visualiser les trois disciplines enchaînées, pas séparément.


Rendez-vous le 21 juin

Je publierai un retour complet après la course : chrono par discipline, sensations, ce qui a marché et ce qui a foiré. C’est ça l’intérêt d’un vrai journal de préparation : pas juste les beaux moments, mais aussi les doutes et les ajustements.

→ Mon guide complet du Triathlon de Deauville 2026

Triathlète amateur passionné, je partage sur ce site ma préparation, mes tests de matériel et mes retours de courses. Mon objectif : te donner les informations honnêtes que j'aurais aimé avoir quand j'ai commencé.

Alexandre, The French Triathlon